Vous avez dit matériel ?

Quel matériel ?

D’archaïques 6X6 bi-objectifs ou des reflex 24X36, enfin pour l’essentiel.

Certains visiteurs me font part de leur surprise de constater que j’utilise des appareils photos argentiques.

Plus souvent encore, lorsque je fais de prises de vues en extérieur, des badauds s’arrêtent intrigués. D’autres viennent m’interpeler, surpris de voir ce matériel, lourd et encombrant.

D’où l’idée de cette page pour montrer le matériel que j’utilise et expliquer pourquoi, alors que les équipements numériques sont très performants, extrêmement pratiques, il existe encore des “phénomènes de foire” qui utilisent d’antiques machines.

Mais d’abord soyons clairs sur le sujet. Les photos que vous voyez ici sont forcément des photos numériques. Sinon il ne serait pas possible de les mettre en ligne. Mais beaucoup ont été prises avec un appareil argentique.

C’est à dire sur un bon vieux film, il y a un négatif ou une diapo. Le film est ensuite numérisé et le fichier obtenu éventuellement retouché avec Photoshop.

Si je possède encore deux boitiers 24X36 (Nikon FM et Nikon F80), je les utilise peu. Je préfère utiliser ces fameux 6X6 bi-objectifs d’une autre époque.

Bi-objectif ?

Je ne vais pas me lancer dans une note historique sur le appareils photos bi-objectifs. D’autres plus compétents que moi le font avec brio. Lancez une recherche sur TLR ou Rolleiflex et vous trouverez largement de quoi assouvir votre curiosité.

Par contre voici quelques informations de base sur ces appareils.

  • 6X6 car ils utilisent des films en bobine 120 ou 220 et qu’il produisent des négatifs de 6 cm sur 6 (en fait 56 mm X 56 mm). Avec un film 120, on fait 12 pauses et 24 avec un film 220.
  • Bi-objectifs car ils utilsent 2 objectifs. Le plus haut permet la visée alors que celui du bas est l’objectif de prise de vue. En anglais on dit Twin Lens Reflex ou TLR.

Le premier 6X6 bi-objectif commercialisé était le Rolleiflex de 1929. Le dernier commercialisé était le Rolleiflex de 2004. Vous avez bien lu ! 75 ans de carrière ! et encore, il est possible, en 2008, de trouver des Rolleiflex neufs (comptez environ 4 000€).

Bien sûr beaucoup d’évolutions ont eu lieu en 75 ans. Mais toujours le même principe de double objectif, de boitier vertical et de défilement vertical du film.

Moyen format

Tous ces appareils ou boitiers font partie de la famille des Moyens formats, par différence avec les petits formats (24X36 en argentique, ou les numériques à capteur APS ou plein format) mais par différence aussi avec les Grands Formats représentés par les chambres photographiques qui sont essentiellement conçues pour utiliser des plans films (4X5″ ou plus grand).

Quel est l’intérêt d’utiliser ce format ? Simple, une image 6X6 est environ 4 fois plus grande que celle produite avec un 24X36 et 6 à 7 fois plus grande que celles produites avec un capteur numérique APS. Les images produites offrent donc un modelé et une richesse de détail incomparables, sauf bien sûr avec des grands formats, encore supérieurs.

En 6X6, la focale standard (l’équivalent du fameux 50 mm en 24X36) est 75/80 mm.

Mes 6X6

Yashica Mat 124G

Ce modèle a été produit jusqu’au début des années 80. Il est aussi surnommé le “Rolleiflex du pauvre”. Il se présentait en effet comme très proche de ce prestigieux et légendaire boitier. Mais il coûtait, selon les modèles 2 à 3 fois moins cher.

Même si la qualité de fabrication n’est pas comparable, c’est un appareil qui permettait de faire d’excellentes images.

Aujourd’hui encore il compte de nombreux adeptes.

Poids en ordre de marche environ 1kg.

Ci-dessous vous voyez l’un de mes Yash.

En cliquant sur la photo, vous pourrez accéder à une galerie regroupant plusieurs photos de cet appareil.

Mamiya C330 et C330S

Un cas particulier que ce Mamiya C330 ! En fait c’est toute une série qui a commencé avec un appareil appelé Mamiyaflex.

Ils sont en effet les seuls bi-objectifs (à ma connaissance) à avoir un objectif interchangeable. Quand je dis objectif, je devrais mettre un pluriel car c’est l’ensemble du groupe optique (objectif de visée et objectif de prise de vue) qui est interchangeable.

Les derniers de la série sont les C330S dont la fabrication a été arrêtée en 1994. Les C330 s’étaient arrêtés 10 ans avant. Cela vous donne, là aussi, une idée de l’âge (en photo on ne peut pas dire canonique, ou alors il faut mettre une majuscule et c’est une autre histoire) des bêtes que j’utilise.

Un Mamiya C330, c’est un gabarit “armoire normande”. Avec son petit 2,8/80 mm il pèse déjà plus de 2kg. Avec le 180 mm, je ne l’ai jamais pesé mais, une randonnée avec lui c’est du sport ! Le C330S, à côté fait figure d’anémique, il perd en effet 400g. Ses parois sont en matériaux de synthèse.

Je n’ai pas, honte à moi, de photos de mes Mamiya ! Aussi j’en emprunte quelques unes au site Lumière en Boite. Si vous êtes intéressés par le matériel photo argentique, je vous invite d’ailleurs à une visite de ce site très bien documenté.

2 exemples de groupes optiques 2,8/80 mm4,5/180 mm

S’il vous reste encore un peu de patience, lisez la page consacrée, bien immodestement, à mon parcours et vous comprendrez pourquoi l’on peut apprécier les progrès que nous offre la technologie actuelle tout en utilisant des boitiers dont certains ont plus de 30 ans.

Bien entendu, je me sers aussi, et de plus en plus souvent c’est vrai, d’APN ou de reflex numériques. Vous trouverez sur EspritDesTemps pas mal de photos faite avec un Lumix, emprunté à mon épouse. D’autres images sont issues d’un Nikon D80… Quand on est nikoniste, difficile de passer à une autre marque !

En fait je réserve maintenant mes antiques bi-objectifs aux périodes durant lesquelles je peux prendre vraiment le temps de les mettre en œuvre en me faisant plaisir.

Avec eux, je me comporte un peu comme le pêcheur qui attend l’ouverture de la saison, qui sort son matériel, l’installe et prend le temps de taquiner … son sujet, sa lumière.

page créée le 24/12/2007 - mise à jour le 7/09/2008

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